Thibaud Delavigne aux RDCannes 2016

L'OEIL de STREET PRESS sur les RDCannes 2016

Cannes, espace Miramar –

Dans la salle de conférence aux fauteuils bleus, la digestion du déjeuner est brusquement interrompue. Le ton monte. Sur la scène des rencontres de Cannes 2016, Ghislaine Ottenheimer, rédactrice en chef de Challenges vient de tacler François Fillon. Dans la salle, les supporters du candidat LR sont vent debout « Vous mentez madame, c'est 500 000, 500 000, il l'a toujours dit ! ». Le débat est ouvert, Fillon l'électrise – du moins ses propositions - la salle réagit et les Rencontres de Cannes gagnent en saveur.

C'est la première fois que Street Press est invité aux « Rencontres ». L'événement, qui en est à sa 12ème édition est une invitation au débat autour d'un thème principal. Cette année : La confiance. Vaste sujet qui englobe tous les autres finalement. Les tables rondes s’enchaînent, alignant les invités prestigieux. Confiance et politique. Confiance et République. Confiance et médias. D'Eric de Montgolfier, en passant par Roland Cayrol, Anne Brucy ou Axel Kahn, les intervenants sont habitués des feux médiatiques, des plateaux TV et de la prise de position sur tous les sujets. Tous sauf nous finalement. Alors Street Press, caution jeune ? Pas seulement, car le jeunisme ne fait pas une ligne, d'autant qu'on a des choses à défendre. « Ici on débat mais surtout, on s'écoute » nous a prévenu François Lapérou, notre hôte. Ok, alors on écoute. Et on se surprend à se prendre au jeu. Pourtant, chez Street Press, on est plus des habitués du gris de Paris et des sujets urbains. Mais, est-ce le faste des palaces cannois, la croisette et ses retraités bourgeois et/ou fillonistes ou alors les 20 degrés de ce mois de décembre, tout invite à se laisser porter par les idées. Les anciens ont de la ressource et une fois gratté le vernis très « C dans l'air » de l’événement, le cadre laisse filtrer des idées, des prises de position qu'on entend rarement en public de la part de ces personnalités, habitués des punchline et des réponses en 30 secondes. Mais à Cannes, c'est le temps long du débat qui fait loi. Les tables rondes durent plus de 2heures, marathon pour les intervenants, digestion pour les participants. Et même si la synthèse en 140 caractères, c'est chouette, dérouler une idée en 2 heures, ça fait du bien.

Alors Street Press s'est plié aux règles locales. Et sur le thème de la confiance et des médias, nous avons pu porter une vision, la nôtre, de ce que doit être un journalisme jeune, honnête, respectueux du lecteur et de l'éthique. C'est le sens de notre combat, innover, proposer d'autres sujets, d'autres façons de voir le monde qui nous entoure. Faire émerger de nouvelles voix et ensuite, d'aller aux Rencontres de Cannes, devant les anciens, les dinosaures de la profession pour leur faire coucou et dire qu'on existe, qu'on respire et que derrière nous, il y a des milliers de lecteurs qui nous font confiance !

Thibaud Delavigne.

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