LÉVY Élisabeth

JOURNALISTE, ESSAYISTE. DIRECTRICE DE RÉDACTION DE CAUSEUR

 

BIOGRAPHIE

Descendant d’une famille de Juifs algériens, elle naît le 16 février 1964 à Marseille. Elle grandit à Épinay-sur-Seine. Elle fait des études à l’Institut d’études politiques de Paris et échoue au concours d’entrée à l’École nationale d’administration. Elle s’engage politiquement aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, pour qui elle conserve toujours « respect et affection » mais cesse rapidement cette démarche « parce que la prétention de la gauche à détenir le monopole de la morale [lui] semble d’autant plus insupportable qu’elle est tous les jours démentie par les faits.
Elle débute dans la profession à l’Agence France-Presse (AFP). Elle travaille ensuite, entre 1994 et 1996, pour un quotidien francophone de Lausanne, Le Nouveau Quotidien, et effectue des « piges » pour divers journaux. Philippe Cohen lui permet de rejoindre dans les années 1990 la rédaction de L’Événement du jeudi, qu’elle accompagne lors de la création de Marianne. Licenciée par Jean-François Kahn, elle continue à collaborer en écrivant des articles pour l’hebdomadaire, ainsi que pour Le Figaro et Le Figaro Magazine.
Le 2 mars 1998, elle est cofondatrice de la fondation Marc-Bloch, rebaptisée depuis fondation du 2-Mars, dont elle devient en 2001 secrétaire générale, puis présidente.
Elle écrit pour la revue Le Débat un article intitulé « Kosovo, l’insoutenable légèreté de l’information » qui est publié dans le numéro de mars-avril 2000.
Élisabeth Lévy y dénonce l’attitude des journalistes français, qu’elle accuse d’avoir pour beaucoup systématiquement pris parti contre les Serbes dans leurs articles.Cette publication déclenchera une polémique dans le monde journalistique. Elle publie en 2002 un essai très remarqué et couronné du prix Jean-Edern Hallier, Les Maîtres-censeurs (Lattès). Elle écrit alors des articles pour Marianne, Le Figaro Magazine et Le Point. Elle devient en outre chroniqueuse de la défunte émission Culture et Dépendances, de Franz-Olivier Giesbert.
À la radio, elle intervient sur RTL dans l’émission " On refait le monde ", où elle a été réintégrée par Nicolas Poincaré après en avoir été exclue par Pascale Clark le 30 novembre 2004, pour avoir critiqué l’animatrice. Élisabeth Lévy a été chroniqueuse dans l’émission de Laurent Ruquier " On va s’gêner ", sur Europe 1, entre 2005 et 2007. Elle fut productrice de l’émission de critique des médias, " Le Premier pouvoir ", sur France Culture, émission arrêtée en 2006.
En septembre 2007, elle rejoint l’équipe du site Arrêt sur images et anime le site Causeur.fr. En outre, elle anime certaines rencontres publiques avec des écrivains à la librairie Kléber de Strasbourg. Depuis 2006, Élisabeth Lévy participe et anime des Tables rondes aux Rencontres de Cannes.
À partir de 2008, elle intervient dans l’émission de Jean-Marc Morandini sur Europe 1 dans la séquence « débat » et à la télé dans "On refait le monde", " Semaine critique !" et "Ce soir (ou jamais !)". À partir de septembre 2012, elle participe à un débat hebdomadaire diffusée sur Yahoo! Actualités, Le débat Yahoo!. Depuis 2012, elle participe en tant que débatteur, tous les dimanches sur la chaîne numéro 23, à l’émission Hondelatte Dimanche.
Elle anime l’émission "L’esprit de l’escalier" sur Radio RCJ avec Alain Finkielkraut, le dimanche de 12 h à 12h30.
(source Wikipédia)

BIBLIOGRAHIE

- La France aux Français ? Chiche ! de Malek Boutih, un entretien mené par Élisabeth Lévy, Fondation du 2-Mars et Mille et une nuits, coll. « Essai », 2001.
- Les Maîtres censeurs : pour en finir avec la pensée unique, Librairie générale française, coll. « Le livre de poche », 2002.
- Les dangers de l’euthanasie, entretiens avec Lucien Israël par Élisabeth Lévy, Des Syrtes, 2002.
- Festivus festivus, conversations de Philippe Muray avec Élisabeth Lévy, Fayard, 2005.
- La discorde : Israël-Palestine, les Juifs, la France, conversations de Rony Brauman et Alain Finkielkraut avec Élisabeth Lévy, Mille et une nuits, 2006.
- Le premier pouvoir : inventaire après liquidation, Climats, 2007.
- Notre métier a mal tourné : deux journalistes s’énervent, Philippe Cohen (co-auteur), Mille et une nuits, 2008.
- Les Français sont-ils antisémites ?, Robert Ménard (co-auteur), Éditions Mordicus, 2009.
- La gauche contre le réel, Fayard, 2012.

VIDÉOS

RDCannes 2015

RDCannes 2014

RDCannes 2013

Philippe Cohen est mort

L’intelligence, l’intégrité, le style

Elisabeth Lévy

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Publié le 21 octobre 2013 / Médias Politique

philippe cohen causeur

 

 

 

 

 

 

Quelques mois avant sa mort, Philippe Cohen s’énervait de n’avoir que « cinq ou six heures d’énergie intellectuelle par jour ». Je lui ai répondu que la plupart des gens bien-portants n’en avaient pas la moitié. Philippe est mort dimanche, quelques jours après son soixantième anniversaire. Sans lui, Causeur n’existerait pas car sans Philippe, je ne serais pas ce que je suis. Philippe m’a appris que le journalisme était un métier intellectuel. Il m’a appris à penser toute seule – parfois contre lui, souvent contre moi. Il m’a appris à rire de la sottise médiatique dont il a souvent souffert.

Toute sa vie a été tendue vers ce seul but : penser. Avancer. Trouver les clefs du monde dans lequel il vivait. Philippe était habité par le doute et obsédé par la vérité. D’où l’interminable dialogue qu’il avait avec lui-même et avec ses amis. Pour moi, cette conversation a commencé il y a vingt-cinq ans. Vingt-cinq années durant lesquelles il n’a pas seulement été un ami, mais un interlocuteur constant, un critique vigilant, et aussi un formidable camarade de bataille. Nous aimions l’un et l’autre l’odeur de la poudre, le combat des mots et des idées. Il n’était pas le genre rebelle qui tire sur les ambulances. Philippe aimait attaquer frontalement les puissants : je me rappelle mon admiration quand, avec Pierre Péan qui devint alors son complice, il décida de faire feu sur le quartier général, Le Monde alors dirigé par Edwy Plenel. Quand les coups pleuvaient, son sourire juvénile, le même que celui qu’on voit sur ses photos d’enfant, se teintait alors d’une lueur gourmande. Bien sûr, il m’est arrivé de penser qu’il se trompait. Mais jamais il n’esquivait la discussion. L’adversité le stimulait. Mais la calomnie le torturait. L’un de ses derniers pieds de nez aux vigilants a été la biographie de Le Pen qu’il a écrite avec Péan. Non pas qu’elle fût complaisante, absolument pas (du reste Jean-Marie Le Pen a attaqué ce livre décrit comme lepéniste). Mais Philippe était un intellectuel et il se refusait à monter sa belle âme en prenant la pose à chaque page. Beaucoup de gens très estimables ont aimé ce livre. D’autres non. Ce qui l’a alors mortifié plus que tout, ne fut même pas d’être accusé de lepénisme dans son propre journal Marianne, mais d’être accusé et condamné sans avoir même le droit de se défendre. Philippe aimait le combat à la loyale. Ce n’était pas le cas de ses détracteurs.

Aujourd’hui, ses proches ont perdu un époux, un père, un frère, un ami. Mais ses adversaires devraient le regretter tout autant. Car il était le digne fils de cet esprit des Lumières qu’ils bafouent en préférant l’accusation à l’argumentation, la condamnation à l’explication. Il était plus facile de lui coller l’étiquette « facho » (et facho de gauche, autant dire social-traître) que de lui répondre. Aujourd’hui, ils ont perdu un adversaire intègre et courageux dont ils n’ont pas su être dignes. J’allais oublier de dire combien nous aimions rire. Alors, qu’on me permette un message personnel : repose-toi frangin. C’est eux qui ne peuvent pas dormir1.

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