INSTITUT STANISLAS CANNES

ARTICLE DE PRESSE REDIGE PAR LES KHÄGNE BL GEOGRAPHE –

INSTITUT STANISLAS

« L’alimentation, du monde à l’assiette »

Rencontres de Cannes-Débats 1er décembre 2018

 

 

 

Dans le cadre des rencontres de Cannes, le géographe Patrick Caron ainsi que le critique gastronomique Périco Légasse ont offert aux Cannois un débat animé sur une question au cœur de l’actualité : « L’alimentation, du monde à l’assiette ».

Dans un monde caractérisé par une fracture croissante entre le producteur et le consommateur, la place centrale de l’industrie agroalimentaire est source de polémiques, comme le rappelle le reportage Food INC réalisé en 2008 par Robert Kenner.

Pour le géographe Patrick Caron, l’industrialisation de notre alimentation est un facteur majeur de l’allongement de l’espérance de vie. Elle permet de nourrir un grand nombre d’êtres humains affirmant ainsi son rôle indispensable dans la sécurité alimentaire, notion désignant la situation dans laquelle tous les êtres humains ont à tout moment un accès tant physique qu’économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive. En effet, grâce à l’industrie IAA la production alimentaire a été multipliée par 2,5 en 40 ans quand la population a doublé. Patrick Caron nous appelle à dépasser la querelle opposant « soit disant » l’industrie et le mangeur. « Non, l’industrie agroalimentaire ne vous empoisonne pas ! » ce qui est un point de vue partagé par sa consœur Sylvie Brunel dans son plaidoyer pour nos agriculteurs.

A l’opposé, le critique gastronomique estime que l’industrialisation rime avec « malbouffe ». Il s’inscrit dans la lignée de Gilles Fumey qui dénonce les dangers du système agroindustriel propice au diabète et aux maladies cardio-vasculaires touchant surtout une population urbaine aux revenus faibles. Monsieur Légasse recommande un « retour de l’humain dans l’assiette » passant essentiellement par des circuits courts et un rapport plus personnel avec notre nourriture.

En définitive, la sécurité alimentaire reste un enjeu de premier plan dans notre monde contemporain mais doit également être pensée dans le cadre d’un acte alimentaire c’est-à-dire en utilisant la géographie culturelle. L’aspect quantitatif ne doit pas occulter le qualitatif car, comme l’a déclaré Monsieur Caron, « avant on mourrait de microbes dans l’eau mais aujourd’hui on meurt du diabète. ».

 

Les étudiants en géographie de la BL2, le 7 décembre 2018

Gilles Farina, Elisa Kebaïer, Guillaume Placet, Claire Gioffredo